Aïe… ça coupe, ça casse !

Qui ne s’est jamais coupé avec du verre ? Qui n’a jamais vu une vitre brisée ? Il est vrai, à moins de le faire exprès ou par accident, on voit rarement aujourd’hui des « carreaux cassés » avec des ballons d’enfants. D’une part parce que les vitres d’antan n’ont rien à voir avec les fenêtres produites aujourd’hui et d’autre part parce que le verre plat est un matériau dur et très rigide.

Pourquoi ?

Parce que les productions artisanales d’autrefois ne permettaient pas d’avoir un matériau parfaitement lisse et sans défauts de surface. En effet, un verre peut se fragiliser par la présence, plus ou moins nombreuses, de petites bulles, aspérités sur les bords, ou de déformations. A l’heure actuelle, la production industrielle par la technique de « float » (verre « flotté » sur un bain d’étain) rend les vitrages beaucoup plus plans et presque sans défauts. Les techniques de découpe et de façonnage des bords ont également évolué.

Comment casse-t-il ?

Le verre est un matériau parfaitement élastique.

Qui l’eut cru ? C’est-à-dire que quelle que soit sa contrainte, en compression ou en flexion, il retrouvera toujours sa forme initiale (plate). Le verre se déforme donc (eh oui !) mais très faiblement car il est très rigide. Il est ainsi possible de bomber de grands panneaux de vitrages en exerçant une pression calculée et contrôlée pour éviter le seuil de rupture. C’est le cas, par exemple, pour les verres installés en façade de la tour Allianz à Milan, créée par les architectes Arata Isozaki et Andrea Maffei. On y voit du verre hautement transparent (Planibel Clearvision) bombé à froid, c’est-à-dire, par simple flexion maintenue par les châssis. Un mauvais calcul de contrainte et c’est la casse assurée !

Une trop forte contrainte exercée sur une vitre rompra celle-ci. Un miroir « trop serré » par des rails ou des pattes à glaces, risque de casser. Une amorce de rupture, c’est-à-dire un défaut sur le bord d’un panneau de verre laqué, peut le fragiliser et provoquer un bris, etc.

Le verre est dit fragile, même si c’est paradoxalement l’un des matériaux de construction les plus résistants. En effet, il ne rouille pas, il est imputrescible, incombustible, il ne se décolore pas, il est non poreux, parfaitement lisse, il ne gonfle pas, ne rétrécit pas, il résiste à la lumière et aux UV, il ne vieillit pas et il ne dégage pas de composants nocifs dans l’air intérieur.

Ce qu’il faut retenir : le verre est un matériau très stable qui peut se montrer imprévisible en cassant de manière imprévue : un choc violent, une forte chaleur … c’est la raison pour laquelle les professionnels du verre ont créé des techniques de sécurisation de cette matière exceptionnelle.

Comment peut-on l’empêcher de couper ?

La notion de sécurité est large et nous n’aborderons ici que les aspects qui concernent le verre décoratif produit par AGC Glass Europe – producteur industriel de verre plat – destiné à la décoration des intérieurs, qu’ils soient publics ou privés.

En matière de décoration, la principale fonction recherchée est la protection des personnes contre le risque de blessures provoquées par des morceaux de verre brisés et/ou coupants. Nous ne parlerons pas ici des garde-corps, planchers ou escaliers en verre qui sont fabriqués par les transformateurs verriers selon des normes et des règlementations spécifiques.

Quand seul le risque de blessure par coupure doit être évité, c’est la fragmentation du verre qui est importante : il faut éviter que le bris du verre ne libère des morceaux susceptibles de provoquer des blessures. Les produits verriers satisfaisant aux exigences de fragmentation sont des verres trempés thermiquement et des verres feuilletés. Selon la norme EN 12600, les verres peints tels que les miroirs et les verres laqués, munis d’un film anti-éclats de marque SAFE+ répondent également à cette exigence.

Caractéristiques de fragmentation des produits verriers :

Vu sa fragmentation en grands morceaux coupants, le float (verre plat en sortie de fabrication), ne peut pas être considéré comme un verre de sécurité. Il en va de même pour le verre durci dont la fragmentation est comparable à celle du float. Le verre présent dans les fenêtres des habitations en France, majoritairement, est un simple verre standard assemblé en double-vitrage isolant.

Le verre armé comporte des fils métalliques. Néanmoins, s’il est soumis à un impact, des morceaux de verre et le treillis métallique peuvent se libérer et présenter des risques de blessures. Il ne peut donc pas être considéré comme un verre de sécurité.

Le processus de trempe thermique du verre induit des contraintes internes à la matière qui accroissent sa solidité et qui provoquent, en cas de choc, sa fragmentation en petits morceaux peu coupants.

Un verre feuilleté de sécurité est un assemblage constitué d’au moins deux feuilles de verre, collées entre elles sur toute leur surface par un intercalaire. L’intercalaire le plus couramment utilisé est un film pastique en PVB (butyral de polyvinyle). Des films polyuréthane ou EVA (éthylène vinyle acétate) peuvent également être utilisés. En cas de bris, l’adhérence entre le verre et l’intercalaire garantit le maintien des morceaux brisés en place.

Miroir Mirox et verre laqué Lacobel ou Matelac avec film collé de marque SAFE+

Un film autocollant SAFE+ peut être apposé sur un verre peint par une laque de haute qualité de manière à maintenir les morceaux en place en cas de bris. L’adhérence du film doit faire l’objet de tests de résistance. Les miroirs et verres laqués pourvus d’un film de sécurité SAFE+ par AGC sont, selon l’épaisseur, classés 2B2 suivant la norme européenne EN 12600. Le film est appliqué au dos du verre de décoration, côté peinture, en usine de production.

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